L'Habitat

Commençons par nous remémorer la célèbre aventure de Noé et de son arche. Noé construit avec l'aide de sa famille une immense embarcation au beau milieu de la fôret. Bien sûr ils n'échappent pas aux sarcasmes des foules ; mais quand le déluge arrive seuls les "illuminés" s'en sortent, avec les espèces animales qu'ils ont pris soin de préserver.

Aujourd'hui, face à la disparition massive de la biodiversité et la foi inébranlable des dirigeants politiques envers la croissance et le progrès technique, ne serait-il pas sage, à l'image de Noé, d'anticiper la catastrophe?

Pour vous remettre en appétit, je vous recommande de lire cette courte interview d'une personne ayant réalisé son rêve : construire et vivre dans la cabane dont il rêvait tant enfant.

Je vous propose ici un tour des alternatives centrées sur l'habitat, en partant de l'échelle la plus collective à l'échelle la plus individuelle, de la ville à la nature sauvage.

L'écoquartier

Avec l'émergence des questions écologiques, des élus locaux et des habitants s'unissent pour repenser leur ville ou une partie de celle-ci. Ainsi par exemple, le quartier Vauban de la ville de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, est l'un des plus célèbres écoquartiers d'Europe.

Bien qu'on y trouve généralement à une pert importante de logements sociaux, vivre dans un écoquartier reste cher. De plus, les perspectives d'autosuffisance alimentaire sont quasi nulles.

L'écovillage

Un écovillage est un ensemble d’habitats de taille humaine (500 personnes maximum) où la priorité est de placer les liens humains et l’environnement au centre des préoccupations. C'est un milieu harmonieux où chaque individu trouve sa place grâce à ses qualités et compétences propres. Tout le monde se connaît, ce qui favorise le dialogue et les initiatives locales. Un écovillage peut être isolé, rattaché à un village déjà existant ou encore être un quartier au sein d'une ville.

L’écovillage s’engage généralement sur 3 points :

1. Politique et social :

  • Le fonctionnement de l’écovillage et les questions quotidiennes sont débattus lors d'assemblées utilisant la démocratie directe.
  • La mise en commun d'échange et d'activités

    2. Ecologie :

  • L'aménagement rationnel de l’espace.
  • L'utilisation des énergies renouvelables.
  • Une agriculture 100% biologique pouvant accueillir des espaces en permaculture et biodynamie.
  • La préservation des points d'eau et des sources. La récupération des eaux de pluie.
  • Le recyclage des déchets et le compostage. La mise en place de toilettes sèches.

    3. Economique :

  • L'encourragement d'une production et d'une économie locale.
  • Le refus des grandes entreprises et des grandes surfaces

    Les questions suivantes font parties du quotidien de l'écovillage :

    Comment vivre en harmonie avec le milieu naturel ? Comment faire pour que chacun ait sa place dans le village et se sente bien (chez lui) ? Comment encourager un développement local et auto-suffisant ? Comment maintenir et renforcer les liens entre les habitants et la qualité de vie du village ? Comment maintenir une stabilité et un développement durable en faveur de nos enfants ? Comment accueillir de nouveaux habitants ou simples visiteurs ? Quelle relation entretenir avec la sphère politique locale, régionale, voir nationale ? Et les médias ? Etc.

    L'habitat groupé

    L'habitat groupé est en quelque sorte un écovillage réduit à l'échelle d'un immeuble, d'une grande batisse, d'un îlot d'habitations, etc. Objectif : tout en ayant leurs espaces privés, les habitants mettent en commun des espaces (salle de jeux, jardin, etc.) et des outils (machines à laver, voiture, etc.) et des initiatives ()pour vivre autour d'un projet partagé et intergénérationnel.

    Trois mouvements successifs ont oeuvrés et continus d'oeuvrer en France pour la promotion des habitats groupés :

    Voici un exemple à proximité de Montpellier : www.ecohabitons.free.fr

    A l'étranger :

    Angleterre : www.cohousing.org.uk

    Belgique : www.habitat-participation.be

    Canada (Québec) : www.cohabitat.ca

    La communauté

    D'origines religieuse ou anarchiste, les communautés visent à extraire un espace géographique du fonctionnement déshumanisant du système afin de vivre une vie en accord avec nos valeurs. Pas deux communautés sont identiques.

    Une communauté ne tiendra pas longtemps si elle est la somme d'utopies personnelles. Ses membres doivent porter une utopie commune qu'ils auront préalablement définie ensemble, et à laquelle tout nouvel arrivant devra se vouer. Négliger cette étape reproduirait au final une micro-société où les individus s'utilisent entre eux pour satisfaire leurs intérêts propres.

    La première expérience est souvent jugée décevante parce que le décallage entre nos aspirations et la réalité concrète s'effondre, nous faisant parfois tomber de haut. Le choc peut être douloureux, mais il est nécessaire. Même si les personnes abandonnent leur première exprience, elles en ressortent grandies et mieux à même de mener une seconde expérience communautaire avec satisfaisante. Avoir conscience de tout cela avant de vous lancer vous permettra de vous préparer et de relativiser en cas de difficultés.

    Découvrez l'exemple de la communauté anarchiste de Jansiac (La Nef des Fous)

    L'écolieu

    Un écolieu se situ entre l'écovillage et l'habitat individuel. Il est habité par un petit groupe d'individus qui le font vivre en y animant des activités et/ou en accueillant temporairement des intervenants (yoga, reiki, permaculture, etc.).

    Contrairement à beaucoup de communautés, les écolieux sont peu ou pas investi dans le militantisme politique. Le terme "communauté" est délaissé par beaucoup de groupes pour sa connotation (malheureusement) péjorative et renfermée.

    Découvrez le très bel exemple de "Quinte & Sens" : un lieu, un esprit... l'arbre aux fées.

    L'éco-habitat : maison en paille, cabane, yourt, tipi, roulotte, hutte, etc.

    Espaces individuels souvent auto-construits, ces modes d'habitats écologiques et économiques représentent de réelles sources d'espoir en faveur d'une harmonieuse cohabitation entre l'Homme et la Nature.

    Le tipi combine idéalement simplicité, ancrage géométrique et perfection énergétique. Pour les amérindiens le tipi est un lieu sacré : son sol est la terre qui nous donne vie, le ciel forme ses murs et ses perches symbolisent les chemins qui mènent de la terre vers le monde spirituel.

    Comment monter un tipi ? Expliquations étape par étape.

    www.les-cabanes.com : partage de connaissances pour vivre en cabane. Et un forum bien fourni.

    www.macabane.info : tout pour l'auto-construction.

    www.lerecoursauxforets.org : cabanes et vie dans les bois.

    http://www.vagabondart.org/cabanes.htm : un site vagabond et artistique se penche sur le sujet des cabanes.

    www.la-cabane-perchee.com : site d'un constructeur professionnel de cabanes, une belle source d'inspiration !

    www.halemfrance.org : association des Habitants de Logements Éphémères ou Mobiles, pour le droit à l'habitat choisi.

    http://yurtao.canalblog.com : site de référence sur l'habitat en yourte.

    www.vivrelayourte.fr : fabriquant de tipis et yourtes basé entre Avignon et Aix-en-Provence.

    Décryptage de la juridiction

    Sous prétexte de vouloir lutter contre le mal logement, le gouvernement déclare la guerre aux mal-logés. Ainsi la loi Loppsi 2 permettrait, sur ordre du préfet, aux forces publiques de détruire en 48h tout habitat ayant été construit sans l'obtention des autorisations requises. Ce dispositif expéditif qui englobe aussi bien les habitats subis (camps de Rroms, bidonvilles) que les habitats choisis (cabanes, habitats légers), enlève l'intermédiaire de la justice qui permettait autrefois aux explusés d'exposer leur situation et de trouver d'eventuelles solutions. Les préfets pourront ainsi représenter au mieux un gouvernement hygéniste qui préfère voir des personnes sur les trottoires plutôt que dans des habitats non conformes aux critères du marché. Plus encore, une personne vivant en conformité avec les lois dans un habitat alternatif devra, en cas d'étouderie d'une préfecture ayant pointé du doigt un peu trop vite son logement, apporter en 48h les preuves qui la dédouanent. Oui mais à qui ? A des policiers incapables de dire autre chose que "on dépend des ordres du préfet" ? Pour en savoir plus cliquez-ici.

    Yourtes et Tipis

    [...] les yourtes, ou tipis, peuvent être assimilées à des tentes, si elles sont non équipées et à des habitations légères de loisirs (HLL) si elles comportent des équipements intérieurs, tels que des blocs cuisine ou sanitaires. Dans un cas comme dans l'autre, ces hébergements sont strictement réglementés par le code de l'urbanisme. Les tentes peuvent être installées soit dans les terrains de camping aménagés, soit sur parcelle individuelle avec l'accord de celui qui a la jouissance du terrain, dans les conditions prévues par les articles R. 111-41 et suivants du code de l'urbanisme. Les HLL peuvent être implantées dans les terrains de campings, les parcs résidentiels de loisirs, certains villages de vacances ou encore dans certaines dépendances des maisons familiales de vacances. Les cabanes dans les arbres sont aussi éligibles au régime juridique des HLL. Dans ce cadre, ces installations d'une surface hors oeuvre nette inférieure (SHON) à 35 mètres carrés sont dispensées de formalité. Par contre, si elles présentent une SHON supérieure, une déclaration préalable est exigée. En dehors des quatre lieux d'implantations susvisés (terrains de campings, parcs résidentiels de loisirs, certains villages de vacances, certaines dépendances des maisons familiales de vacances), ces constructions sont soumises au droit commun des constructions, c'est-à-dire : déclaration préalable entre 2 et 20 m² de surface hors oeuvre brut (SHOB) et permis de construire au-dessus de 20 m² de SHOB, conformément aux dispositions des articles R. 421-1, R. 421-2 et R. 421-9 du code de l'urbanisme.

    Source : Journal Officiel du Sénat du 14/05/2009 (.pdf)

    Complément :

    Les habitations légères de loisirs ne peuvent être implantées que dans les terrains de camping, les parcs résidentiels de loisirs ou encore dans certains villages de vacances. Le camping, quant à lui, peut être pratiqué dans les terrains aménagés ou librement. Le camping pratiqué librement peut, toutefois, être interdit ou soumis à des prescriptions particulières dans certaines zones, si ce mode d'occupation du sol est de nature à porter atteinte notamment à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à l'exercice d'activités agricoles ou forestières. L'arrêté d'interdiction est pris par le maire au nom de la commune dans les communes couvertes par un plan local d'urbanisme. Il est pris par le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. De même, le camping pratiqué isolément est interdit sur le rivage de la mer, dans les sites classés ou inscrits, autour des monuments historiques, dans les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, ainsi que dans un rayon de 200 mètres autour des points d'eau captés pour la consommation. Hors de ces périmètres d'interdiction, cette activité de loisirs est librement pratiquée, avec l'accord du propriétaire du terrain ou de la personne qui en a la jouissance. En outre, la mise à disposition d'un terrain doit faire l'objet de la part du propriétaire d'une déclaration en mairie lorsque le nombre de campeurs est inférieur à vingt. Au-dessus de vingt campeurs, le terrain doit obligatoirement faire l'objet d'une autorisation d'aménager et d'un classement, sanctionnant le respect des normes d'équipement, de confort, d'hygiène et de sécurité imposées dans ces établissements. Les règles d'utilisation du sol sont suffisantes pour assurer une gestion satisfaisante de ce mode d'hébergement. Il n'est donc pas envisagé de modifier cette réglementation.

    Source : Journal Officiel du Sénat du 08/02/2007 (.pdf)

    ++ PLUS D'INFOS SUR LA LEGISLATION DES YOURTES ET TIPIS :
    Sur http://lesclefsdunevie.free.fr
    Sur Yurtao (site de l'association C.H.E.Y.E.N.)

    Les toilettes sèches :

    Arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5.

    Par dérogation à l'article 3, les toilettes dites sèches (sans apport d'eau de dilution ou de transport) sont autorisées, à la condition qu'elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines. Les toilettes sèches sont mises en oeuvre : ? soit pour traiter en commun les urines et les fèces. Dans ce cas, ils sont mélangés à un matériau organique pour produire un compost ; ? soit pour traiter les fèces par séchage. Dans ce cas, les urines doivent rejoindre la filière de traitement prévue pour les eaux ménagères, conforme aux dispositions des articles 6 et 7. Les toilettes sèches sont composées d'une cuve étanche recevant les fèces ou les urines. La cuve est régulièrement vidée sur une aire étanche conçue de façon à éviter tout écoulement et à l'abri des intempéries. Les sous-produits issus de l'utilisation de toilettes sèches doivent être valorisés sur la parcelle et ne générer aucune nuisance pour le voisinage, ni pollution.

    Source : cliquez-ici (.pdf)

    Cabanes : la législation

    Pour construire une cabane de moins de 20m² sur son terrain, il faut déposer une demande d'autorisation de travaux à la mairie. Il faut joindre un plan de la construction et souvent une photo du lieu qui accueillera la construction. La mairie a 1 mois pour répondre et les voisins ont 2 mois après l'accord de la mairie pour faire opposition (il est préférable de ne pas faire d'ouverture créant un vis à vis chez eux). La mairie peut ensuite s'opposer si l'héstétique choque, mais c'est rare.

    Si la cabane fait plus de 20m² il te faut obtenir un permis de construire. Certaines personnes tentent sans permis en espérant obtenir la "prescription" de leur infraction : voir ci-dessous.

    Délai de prescription des infractions en matière de permis de construire :

    Si vous construisez un bâtiment sans autorisation ou sans respecter le permis de construire qui lui est affilié, vous êtes en infraction. Du début à la fin des travaux et sur une période de 3 ans après leur achèvement, vous pouvez êtes poursuivi pénalement. Au cours des trois années suivant l'achèvement des travaux, en cas de procès-verbal constatant l'infraction, en cas de constitution de partie civile ou en cas de reprise de nouveaux travaux, les compteurs sont remis à zéro et vous devez attendre à nouveau 3 ans pour espérer la prescription. Au-delà de ce laps de temps (temps des travaux + 3 ans sans problème), il y a prescription et plus personne ne pourra vous poursuivre en justice.

    Source : La Documentation française (01.06.2008)

    Conseils

    www.eautarcie.org : site de référence sur la récupération d'eaux de pluie et la gestion autonome de l'eau en générale.

    www.habiter-autrement.org est une mine d'informations sur les différents types d'habitats.

    www.permisdevivre.org : association pour promouvoir l'habitat choisi.

    www.habitatracine.net : site d'une association ayant éditée un magnifique guide de conseils pour les personnes souhaitant vivre en pleinne nature.

    www.oasisentouslieux.org : mouvement visant à mettre en route des lieux, des expériences qui vont anticiper de ce qu’il faudra développer pour que nous puissions continuer à vivre ensemble sur cette planète.

    www.passerelleco.info : revue de qualité pour apprendre à s'autonomiser et imaginer un autre monde.

    Si vous optez pour un mode de vie alternatif, prenez le temps de faire au préalable une minitieuse enquête de terrain. Certains élus ou chasseurs sont de véritables fanatiques qui taillent leur pelouse aux ciseaux et qui pourraient faire de votre mise à mort publique une affaire d'honneur toute personnelle. Voici un témoignage sans équivoque sur le sujet. N'oubliez pas non plus de bien connaître vos droits juridiques car la France est gratinée de ce côté là aussi !

    Carte donnant une estimation du prix des terres en France (2009)

    En anglais

    www.thetinylife.com : a lot of examples of tiny and great houses. (I love this one)