Les nanotechnologies

Définition

Un OGM est un végétal modifié par des manipulations génétiques. Les nanotechnologies, c’est la même chose mais sur la matière, nous sommes désormais capable de manipuler des atomes (à l’échelle 1 milliardième de mètre) dans le but d’élaborer de nouvelles matières et de repousser les lois du possible.

Concrètement

Les nanotechnologies seront exploitables dans les domaines suivants :
pharmaceutique, électronique, transport, énergie, textile, militaire, sécurité, implants sous-cutanés, robots intelligents.

Exemples concrets de produits de consommation issus des nanotechnologies :
Tissus auto-nettoyants, peinture qui change de couleur en un click, voitures pesant une dizaine de kilos.

Mais la grande majorité des recherches portent sur l’armement et la sécurité (contrôle des individus) et les implants sous-cutanées. Par exemple :
Bombes intelligentes, camouflages s'adaptant au décor, puces sous-cutanés permettant de pister leur porteur via satellite, substituant à la carte bancaire, à la carte d’identité ou au carnet de santé.

Intérêts économiques et politiques

Les profits considérables que peuvent générer les nanotechnologies pour ceux qui les ont breveté les premiers à créé un nouveau marché à fort potentiel. De plus les nanotechnologies sont envisagées comme un puissant moyen de lutter contre les maladies.

Les nanotechnologies offrent des possibilités dans le domaine militaire bien supérieures aux armes nucléaires, chimiques ou biologiques. Les pays disposant les premiers de cette nouvelle puissance représenteront une pression considérable sur les autres.

En France

Le gouvernement français a entreprit la construction à Grenoble du premier pôle d'étude et de production de nanotechnologie d’Europe : Minatec, Crolles 2 et Nanotec 300. Ce centre représente un investissement de plusieurs milliards d'euros. 50% est financé par les contribuables, l’autre moitié provient de multinationales et de l’armée. L’intérêt militaire que représente les nanotechnologies est tel, que le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) et la DGA (Direction Générale de l'Armement) font partis des sponsors financiers.

Le future possible avec les nanotechnologies :

Il est probable que dans une dizaine d'année chaque nouveaux-nés se voient implantés dans la peau à la naissance leur informations civiles (nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité) et de santé (groupe sanguin, taille et pois à la naissance) reliée à un serveur central et à un système GPS.

Les trans-humanistes espèrent grâce aux nanotechnologies améliorer l’humain et accroître ses capacités.

Nous sommes capable de contrôler à distance les mouvements d’un rat via une télécommande connectée à un capteur implanté dans sa boîte crânienne, pourquoi pas un humain ?

Le débat

Au vu des profits et de la puissance militaire permis par les nanotechnologies, Etats et grands groupes se sont lancés tête baissée dans cette course aux brevets. Oui, mais…

Le projet est entamé, l’argent à été débloqué, mais à aucun moment la population en a décidé ainsi et pourtant ces même politiques nous affirment que nous sommes dans une démocratie (définition : souveraineté du peuple). Les politiques et les industriels ne s’intéressent guère aux populations qui sont pourtant directement concernées (impôts, risques écologiques…) et se focalise sur leurs objectifs : recherche de profit, puissance militaire et politique et croissance économique.

Les arguments des politiques : création d’emplois, rayonnement international de la région, progrès scientifique et médical… Mais ils n’abordent jamais les questions éthiques, sociales et environnementales liées aux nanotechnologies.

Certains domaines technologiques comme le nucléaire ou les nanotechnologies ne sont pas neutres. Ils impliquent de tels degrés de spécialisation, de risques, d'accumulations de pouvoirs et de richesses qu'ils imposent en retour un modèle de société centralisé, autoritaire et militarisé pour en assurer la protection.

Comme avec le nucléaire ou les OGM, la mise sur le marché des nanotechnologies se ferra sans que les risques ne soient connus ou maîtrisables et sans avoir préalablement consulté la population.

Un grand pas vers la "traçabilité" humaine

Avec la puce, l’homme devient son propre délateur, juge Jean-Michel Truong, expert en intelligence artificielle.
Psychologue et philosophe de formation, ancien enseignant et chercheur à l’université de Strasbourg, Jean-Michel Truong est le fondateur de Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence artificielle. Il travaille aujourd’hui comme consultant international en transfert de technologies avancées. Il est aussi romancier et essayiste.

L’implantation de puces sous la peau n’est pas un phénomène neuf. Mais, avec VeriChip, doit-on craindre une généralisation ?

VeriChip constitue un progrès majeur pour la traçabilité du cheptel humain. On voit clairement comment son usage se répandra. D’abord, en invoquant le prétexte humanitaire. La puce, nous dit-on, permet aux médecins d’intervenir plus vite en cas de problème. C’est ainsi que commencent toutes les dérives technologiques : voyez le clonage humain. Puis se construiront autour d’elle des systèmes toujours plus nombreux, qui justifieront qu’on “empucèle” des couches toujours plus larges de la population. Un jour viendra où l’on ne pourra plus vivre sans elle - comme c’est déjà le cas sur Internet sans carte bancaire. Ce jour-là, on envisagera de l’implanter systématiquement à la naissance. Son port deviendra obligatoire. Se “dépuceler” sera criminel.

D’où vient l’exigence de traçabilité ?

Elle correspond au besoin antique d’assurer l’intégrité des transactions génétiques et commerciales par l’identification rapide des géniteurs sains et des débiteurs fiables, ou de leurs contraires, les individus à risque. La société y pourvoyait par toutes sortes de marquages, à même la peau (tatouages...), sur les vêtements (décorations, étoiles jaunes...) ou au moyen d’accessoires (cartes d’identité, bracelets électroniques, etc.). De nos jours, ce besoin est exacerbé par l’émergence de pressions sociales nouvelles : d’abord, l’idéologie du “zéro-défaut” née dans l’industrie s’est étendue à toute la société qui cherche à écarter les individus défectueux. L’aspiration au “risque zéro” joue dans le même sens. Enfin, la perte de confiance résultant de la multiplication des identités virtuelles sur les réseaux plaide en faveur de moyens d’identification sûrs. VeriChip est une réponse à ces pressions.

VeriChip et les gadgets électroniques faits pour nous traquer ne représentent-ils pas l’avènement de Big Brother ?

Il y a là un saut quantique dont on ne mesure pas encore la portée. Avec son VeriChip incarné au plus intime de lui-même, l’homme n’est plus seulement porteur d’une carte de crédit, il est sa carte de crédit. Avec le VeriChip, je n’ai plus besoin qu’un autre réponde de moi : la petite puce tapie en mon sein répond pour moi et répond de moi. Mais, en même temps, exactement comme jadis j’étais dénoncé par ma carte bancaire en payant au péage, je deviens mon propre délateur. Désormais, Big Brother saura à chaque instant où je me trouve, et avec qui. L’œil de Big Brother pèsera sur moi, certes, mais comme un œil interne, tel celui qui jusque dans la tombe ne cesse de fixer Caïn. VeriChip sera devenu le siège électronique de la conscience.

Kevin Warwick, le professeur d’Oxford, rêve que les cerveaux humains soient directement reliés entre eux. Fantasme ou projet ?

Techniquement parlant, ces applications sont tout ce qu’il y a de plus faisable. La technologie à la base du VeriChip est même déjà obsolète. Les nanotechnologies permettent de franchir un pas supplémentaire dans cette direction. Mais l’avenir de ce type d’application réside dans les biotechnologies. Après tout, nos cellules sont emplies d’une substance particulièrement apte à mémoriser et traiter des informations, l’ADN. La majeure partie de cette mémoire demeure inexploitée - l’ADN mitochondrial, notamment. Reste à développer un lecteur-graveur capable d’y inscrire des informations et de les retrouver. Une version CD réinscriptible de l’ADN. On disposerait ainsi d’un équivalent non intrusif du VeriChip.

À quelle cadence se fera “l’empucelage” de la société ?

Cela dépendra de l’évolution de ces pressions, et de l’intensité des résistances et des modes qui se feront jour. Selon qu’être empucelé sera ou non vécu comme glamour, branché ou sexy, cela pourra prendre de quelques années à plusieurs décennies.

Interview publiée dans Libération, 11/12 mai 2002. Propos recueillis par Laure Noualhat

Pour aller plus loin, vous pouvez visiter le site de www.piecesetmaindoeuvre.com