Je vous propose ici le résumé d'un ouvrage qui a retenu mon attention de par les analyses originales et décapantes qu’il recèle :

LA SOCIETE INDUSTRIELLE ET SON AVENIR,    de Theodore Kaczynski - 1995

Commençons par distinguer deux types de technologies :

l  Les technologies de base. Elles englobent tout ce qui peut être fabriqué localement et de manière autonome par n'importe quelle personne habile utilisant des outils peu complexes et eux-mêmes issus de la technologie de base. (Ex : la poterie.)

 

l  Les technologies systémiques. A l'inverse des technologies de base, elles sont issues à partir d'un complexe processus d'interdépendance entre de multiples experts et technologies pouvant provenir de lieux géographiquement très éloignés les uns des autres. (Ex : la construction d’un réfrigérateur nécessite l'emploi de nombreuses matières premières, de liquides réfrigérants, d'une source énergétique, des fils de cuivre pour l'alimenter, etc.)

 

Le système techno-industriel, reposant sur le développement fulgurant des technologies systémiques, est à l'origine de la catastrophe humaine et écologique sans précédent que nous connaissons tous.

Les « bons » et « mauvais » côtés de la technologie systémique sont indissociables :

Les fortes interdépendances qui caractérisent la technologie systémique empêchent de séparer les « bons » côtés de la technologie des « mauvais ».

Exemple : les progrès de la médecine moderne dépendent entre autres de ceux de la chimie, de la physique, de la biologie, de l’informatique, etc. Les traitements médicaux de pointe requièrent des équipements high-tech émanant d'une société de haute technologie et économiquement prospère. Mais ce n’est pas tout. Supposons par exemple qu'un traitement contre le diabète indépendant du système technologique soit découvert. Les gens génétiquement prédisposés au diabète seraient en mesure de survivre et de se reproduire comme tout un chacun. La sélection naturelle qui s’exerce contre les gènes du diabète cesserait et ces gènes se répandraient parmi toute la population (cela est déjà le cas dans une certaine mesure, puisque le diabète, qui ne peut être guéri, est jugulé par l’utilisation d’insuline). La même chose arriverait avec d'autres maladies du même type ce qui affaiblirait le patrimoine génétique de la population. La seule solution serait alors une sorte de programme eugénique ou un développement à grande échelle de l'ingénierie génétique, ce qui fait que dans le futur, l'homme ne sera plus une création naturelle et imprévisible, mais un produit manufacturé. L'ingérence gouvernementale dans nos vies privées n'en serait qu'accrue. Quant à l'idée de réguler l'ingénierie génétique par un "code éthique", elle reviendrait à octroyer à un petit groupe de privilégiés le droit de décider à notre place quelles applications dans ce domaine seraient « éthiques » ou non, et par conséquent d'imposer à l'ensemble de la population leurs propres valeurs vis à vis de la constitution génétique. Même, si ce code était composé de manière "démocratique", là encore l'ensemble de la population devra se plier aux vœux de la "majorité". Le seul code éthique qui protégerait la liberté serait celui qui interdirait toute manipulation génétique sur l’homme ; chose qui n'arrivera jamais ou, tout au plus, que de manière temporaire, tant les tentations (et les pressions des lobbies) seront fortes pour exploiter les gigantesques possibilités offertes par les biotechnologies, d'autant plus que pour la majorité des gens ces applications sembleraient « bonnes » (élimination des maladies physiques et mentales, possibilité d’accroître la durée de vie,…). Inévitablement, l’ingénierie génétique sera intensivement utilisée, mais uniquement dans des buts compatibles avec les besoins du système techno-industriel.

Si au début une technologie naissante est optionnelle, elle devient rapidement obligatoire. Exemple : voiture, informatique, téléphone portable sont devenus des outils professionnels pour de très nombreuses personnes, même si elles aimeraient bien s'en passer... Prises une à une les technologies semblent bénéfiques, mais étudiées dans leur ensemble elles apparaissent comme le maillage d'un opaque système totalitaire sur lequel l'individu n'a aucun contrôle.

Il est impossible de réaliser une harmonie durable entre la technologie systémique et la liberté :

La technologie systémique - facilement identifiable et palpable - empiète continuellement, de compromis en compromis, sur le concept insaisissable et abstrait qu’est la liberté. C'est un peu comme si deux voisins vivant côte à côte, possédaient la même superficie de terrains. Mais l'un d'eux étant plus fort, vient trouver son voisin et lui demande de lui céder la moitié de sa terre. Devant la vive opposition du faible, le fort lui dit « dans ce cas, trouvons un arrangement : donne-moi la moitié de ce que je t'ai demandé ». Le faible, devant l'impasse, obtempère. Peu de temps après, le fort réitère sa demande et emploie la même tactique pour grappiller un peu plus sur le terrain du faible ; et ainsi de suite. Par cette longue série de compromis, le fort finira par posséder l'ensemble de la terre convoitée. Il en va de même entre technologie et liberté.

Le système est condamné à avancer dans une seule et unique direction : celle de la technicité croissante. Les gens deviennent dépendants d'un produit jusqu'à ce qu'un nouveau produit plus récent ne le chasse. La technologie avance, la liberté recule. Chercher à combattre chacune de ces avancées technologiques séparément, une à une, se transformerait en une épuisante lutte vouée à l’échec. La seule solution est de combattre la technologie dans son ensemble. C'est là la différence entre réforme et révolution.

 

Lorsqu'un conflit intervient entre son travail et la liberté, le technicien concerné penche généralement en faveur de son travail (activité compensatrice) au détriment de la liberté. Les gens travaillent mieux lorsqu'ils espèrent une récompense que lorsqu'ils cherchent à éviter un châtiment. Les scientifiques travaillent pour la récompense de leurs recherches. Les militants pour éviter l'aggravation d'une situation déjà douloureuse, c'est pourquoi ils abandonneront les premiers. L'histoire montre que les accords sociaux et les réglementations protectrices sont éphémères. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'elles ne s'effondrent et que la technologie puisse poursuivre invariablement son sillage.

Le processus de pouvoir :

Ce qu'appelle l'auteur « processus de pouvoir » est un besoin naturel, probablement d'ordre biologique, amenant chaque individu à se fixer des objectifs atteignables et à les accomplir en fournissant un effort conséquent, ceci avec un certain degré d'autonomie (ce dernier point est plus ou moins vrai selon les personnes). Un individu qui ne serait jamais à même d'exercer son processus de pouvoir de manière satisfaisante sombrerait dans un état dépressif, de dégoût de lui-même, etc. En multipliant les intermédiaires pour satisfaire nos besoins vitaux et en réglementant les moindres aspects de notre quotidien, la société contemporaine court-circuite gravement la réalisation du processus de pouvoir.

Les activités compensatrices :

Pour les peuples primitifs, le seul fait d'acquérir leur subsistance quotidienne leur permettait d'épanouir leur processus de pouvoir de manière naturelle. Or au sein du système techno-industriel, quiconque suit la voie que le système a tracé pour lui, et fait preuve d'obéissance, remplit plus ou moins aisément son ventre. Ce fonctionnement entrave la réalisation naturelle du processus de pouvoir. Dès lors, les individus doivent recourir à des moyens de substitution, des « activités compensatrices », pour accomplir leur processus de pouvoir. Ces dernières peuvent être des activités ludiques (art, sport, écriture, etc.), professionnelles (recherches scientifiques, enseignement, etc.), politiques.

 

Lorsqu'une activité professionnelle est en même temps une activité compensatrice, le dévouement des personnes les exerçant s'en trouve multiplié ; c'est notamment le cas pour de nombreux ingénieurs et chercheurs qui bâtissent avec zèle la société techno-industrielle.

 

Le gauchisme est une activité compensatrice, c'est pourquoi il ne peut parvenir à ses objectifs et doit sans cesse créer des problèmes sociaux auxquels s'attaquer au cas où il en manquerait. Ce qui le motive réellement n'est pas d'accomplir les buts qu'il s'est fixé, mais la sensation de pouvoir que lui confèrent le combat pour un but social et son accomplissement. Le gauchiste est moins motivé par la détresse du monde que par son besoin de satisfaire son désir de pouvoir en imposant sans cesse ses solutions à la société.

La psychologie gauchiste :

Le développement du gauchisme - depuis la seconde moitié du 20è siècle - est l'une des principales conséquences de la dégénérescence du processus de pouvoir.

 

La société contemporaine nous impose un cadre moral d'une lourdeur jamais égalée (ne pas mentir, ne pas haïr son prochain, ne pas être médisant, ne pas être raciste, ne pas être violent, etc.) si bien qu'il est impossible de le respecter dans sa totalité et en permanence. Les gauchistes sont des individus pour qui le fait de transgresser en actes ou en pensées ce cadre moral, représente quelque chose d'insupportable. Kaczynski parle dans ce cas d'un état de sur-socialisation, qui serait l'une des principales caractéristiques gauchistes. Puisque comme tout humain, ils ne peuvent se maîtriser en permanence et qu'ils transgressent, eux aussi, ce cadre moral régulièrement, les gauchistes vivent dans une douloureuse incohérence et un profond sentiment de culpabilité, voir de mépris d'eux-mêmes, face à leurs faiblesses morales. Cette tension intérieure nourrit en eux une forte violence qu'ils vont canaliser sur les individus qui ne partagent pas avec exactitude leurs visions, au lieu de la retourner contre le cadre moral qui les oppresse. Ainsi, bien qu'ils ne se l'avoueront jamais, les gauchistes utilisent des causes telles que par exemple la lutte contre le racisme ou l'homophobie, pour extérioriser leur violence (immorale, puisque la morale prône la non-violence) sous prétexte de défendre des principes moraux. De ce fait, les gauchistes appartiennent rarement aux minorités qu'ils prétendent défendre, mais sont au contraire majoritairement des blancs bien intégrés dans la société et issus des classes moyennes-supérieures. Sous leurs faux aspects de rebelles, ils ne font ni plus ni mois que renforcer le code moral du système et le sentiment d'oppression qui en découle. Pire encore, en plus de renforcer son code moral, ils consolident sa doctrine.

Exemple : Les gauchistes étasuniens supportent majoritairement la discrimination positive afin de permettre à plus de noirs d'accéder à des postes élevés (médecin, ingénieur, enseignant...). Pourtant ils se défendront bien vite de vouloir faire des noirs une copie des blancs, et disent vouloir en même temps préserver la culture noire, c'est à dire la musique noire, la cuisine noire, les codes vestimentaires noirs, etc. Mais en réalité le système n'a que faire de ce que vous mangez ou du type de musique que vous écoutez, du moment que vous êtes obéissants et non-violents.

 

En s'identifiant en permanence aux minorités en situation de faiblesse (les minorités ethniques, les homosexuels, les femmes...) ; en développant une attitude paranoïaque vis à vis des termes employés pour décrire ces minorités, en s'efforçant de minimiser les travers qu'ils dénoncent pourtant avec vigueur chez leurs adversaires dés lors qu'ils apparaissent chez les minorités et les pays socialistes dont ils font l'éloge ; en n'accordant qu'une place très limitée aux termes « confiance en soi », « initiative », « optimisme », etc, au sein de leur vocable ; en s'opposant au concept de compétition ainsi qu'à tout ce qui pourrait révéler des capacités physiques ou mentales inégales entre les individus, et en accusant la société si jamais ces inégalités venaient à apparaître ; en adoptant des moyens d'action masochistes (provoquer les forces de l'ordre ou les racistes, s'allonger devant des véhicules, s'enchaîner à des grilles, etc.) pour faire entendre leurs revendications ; en produisant des œuvres d'art axées autour du sordide, de l’échec et du désespoir... Kaczynski en conclut que les gauchistes modernes sont habités d'un profond sentiment d’infériorité, une caractéristique récurrente chez eux, englobant la faible estime de soi, le sentiment de faiblesse, les tendances dépressives, le défaitisme, la culpabilité, la haine de soi, etc.

 

Ce sentiment d'infériorité, mêlé aux entraves du système quant à la possibilité d'exercer naturellement notre processus de pouvoir, conduit les gauchistes à accomplir leur processus de pouvoir non pas de manière autonome, mais par l'intermédiaire d'un organe collectif supérieur (parti, syndicat, association, etc.) dont ils s'approprient chacune de ses "victoires" comme étant les leurs. Pour cette raison, il est probable que certains gauchistes cherchent à intégrer notre mouvement non pas pour tant pour ses idées, mais avant tout comme un moyen d'extérioriser leur violence et d'exercer leur processus de pouvoir.

 

Par le passé, les gauchistes les plus arrivistes ont toujours collaboré dans un premier temps avec les révolutionnaires non-gauchistes et avec les minorités, avant de les doubler pour s'emparer du pouvoir pour eux-mêmes. C’est ce que fit Robespierre lors de la Révolution Française, ce que firent les bolcheviques pendant la révolution russe, les communistes en Espagne en 1938 et Castro à Cuba.

 

De plus, les gauchistes souhaitent imposer leur idéologie à l'ensemble de la population. Or ils ne pourront y parvenir sans utiliser les technologies systémiques de manière tout aussi frénétique et malsaine qu'elles ne le sont aujourd'hui ; ceci pour atteindre au final un résultat où la liberté et la dignité de l'homme seront tout autant piétinées que si nous continuons dans la direction actuelle.

Deux issues sont possibles pour le système techno-industriel :

l  Soit il survit. Au quel cas il devra passer par un long et douloureux processus d'ajustement qui achèvera de briser tout ce qu'il y a de libre dans l'humain pour n'en faire qu'un simple rouage dans sa machine. Cette perspective est inacceptable.

 

l  Soit il s'effondre. Au quel cas cela ne se produira pas sans d'extrêmes souffrances puisque la vie de milliards de personnes repose sur l'agriculture industrialisée. Mais plus le système grandit, plus douloureuse sera sa chute ; il est par conséquent préférable qu'elle advienne sans tarder.

Comment mettre fin au système techno-industriel :

Aujourd'hui, l'interdépendance entre les États est telle, que si un pays du G8 venait à s'écrouler, se serait l'ensemble des pays sur Terre qu'il entrainerait avec lui, tel un jeu de dominos. C'est à la suite de ce constat que Theodore Kaczynski appelle les ennemis du système techno-industriel à soutenir les mesures accentuant le libre-échange et l'interdépendance entre les nations afin d'affaiblir le système et de permettre sa chute dans son ensemble. En effet, si un pays du G8 venait à s'effondrer dans un monde faiblement interdépendant, il rejoindrait simplement le rang des "pays du sud" sans inquiéter ceux du nord chez qui la technologie systémique continuerait de subsister.

 

Theodore Kaczynski appelle à attiser dans un premier temps les conflits sociaux afin de maintenir à vif la colère populaire (et éviter l'endormissement des masses), tout en expliquant dans une démarche d'éducation populaire pourquoi le système techno-industriel doit être détruit. Ceci jusqu'au jour où le système, après s’être sérieusement embrouillé les pédales dans ses propres incohérences, trébuchera de lui-même. Ce sera à ce moment là seulement que la révolte populaire devra l'accompagner dans sa chute. Pour reprendre l’image des deux voisins, si le fort tombe malade, le faible sera en mesure de l'affronter. Mais si ce dernier se contente de reprendre les terres qui lui ont été volé, aussitôt rétabli le fort l'attaquera de nouveau. C'est pourquoi la seule solution est que le faible élimine définitivement le fort s'il le peut. Dans la même logique, si le système industriel s'affaiblit, il faudra en profiter pour le détruire.

 

Si cela marche, de nombreuses idéologies totalitaires chercheront à combler le vide laissé par l’ancien système, notamment grâce à une utilisation abondante des outils technologiques disponibles afin d’imposer leur pensée unique aux foules (propagande, contrôle, répression, militarisation, culte de l’obéissance et du travail, etc.). C’est pourquoi, les usines devront être détruites et les ouvrages scientifiques brûlés simultanément à la chute du système actuel, afin que la technologie systémique ne puisse être réutilisée au terme de cette révolution.

 

D'autre part, il est crucial pour les raisons déjà expliquées, de savoir identifier les individus présentant une psychologie gauchiste pour pouvoir les écarter du mouvement.

 

Beaucoup pensent que la technologie ne peut pas régresser. L'histoire nous montre que si, en effet, la technologie de base n'a jamais régressé, cela est déjà arrivé de manière durable à la technologie systémique. Exemple : après que l'empire romain soit tombé en déliquescence, ses aqueducs finirent par être hors d'usage et ne furent jamais réparés, ses techniques de construction furent perdues, son système sanitaire urbain fut oublié et il fallut attendre le XXe siècle pour voir un système équivalent réapparaitre dans les villes européennes, etc.

 

Certes, il est possible que dans plusieurs siècles les générations futures seront confrontées à des problèmes similaires, mais cela sera leur problème et relèvera de leur responsabilité de les résoudre. La réalité est que si nous ne faisons rien aujourd'hui, la biodiversité terrestre aura été grandement anéantie et notre liberté profondément brisée.

 

 

Complément du traducteur

            Nous sommes entrés dans le temps des crises : écologique, sociale, économique (de plus en plus fortes et rapprochées), financière, monétaire, géopolitique, religieuse, éthique, etc. Il n'est donc pas improbable que notre civilisation globalisée disparaisse comme toutes celles qui lui ont précédé. Mais imaginons que demain les personnels des centrales nucléaires arrêtent de se rendre à leurs postes pour la simple raison que leur priorité absolue ne sera plus d'accomplir leurs tâches mais de trouver de quoi manger (bien que nos capacités de rendements alimentaires ont été multipliées par la technologie, nos réserves alimentaires mondiales elles se sont effondrées tout comme la fertilité durable des sols), n'y a t-il pas un risque majeur de catastrophe nucléaire, d'autant plus qu'il n'y aura personne pour réparer les fuites ? Ce raison est identique concernant les barrages hydroélectriques, les raffineries de pétrole, les usines chimiques, etc… Nous avons le pied posé sur une mine ce qui nous place dans une piteuse situation dont nous souhaitons nous extraire. Certes, mais pouvons-nous le faire sans prendre le temps de désamorcer la bombe ? Les civilisations égyptienne, romaine ou maya se sont certes désintégrées dans leurs folies (entrainant la disparition de leurs technologies avec elles) mais cela s'est produit à l'échelle locale et n'a jamais menacé la vie sur Terre dans son ensemble. Voilà le problème inédit auquel nous sommes confrontés.

 

            Beaucoup d'anarchistes pensent que si le système vient à chuter, il serait judicieux de conserver certaines usines vouées à produire uniquement certains biens jugés « nécessaires » sur un mode de fonctionnement autogéré. Ils oublient de leur raisonnement qu'une usine ne fonctionne jamais seule. Les matières premières ne peuvent être acheminées qu'à l'aide de moyens de transport, eux-mêmes produits et entretenus au sein d'usines elles-mêmes interdépendantes avec d'autres lieux de production, les machines utilisées sont elles aussi produites dans des lieux prévus à cet effet, et ainsi de suite... Pour orchestrer cette multiplicité d'acteurs, il est nécessaire de recourir à un pouvoir fort et centralisé.

Dans le cas, ou ces anarchistes visualisaient des usines plus petites et entièrement autonomes, tant sur le plan des matières premières, que du transport et des outils employés, alors il s'agit de technologies de base et le terme « usine » est clairement inadapté.